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LA NUIT DES SECRETS

La rencontre magnifique d’un prince silencieux et d’une jeune fille aux histoires énigmatiques !

Le Haut Roi d’Irlande rencontre une jeune femme éblouissante de beauté dans la forêt de Brú na Boyne. Ensemble ils ont un enfant, puis elle disparaît. Le roi s’enferme dans son chagrin. L’enfant grandit, sauvage et silencieux. Mais vient le jour où il doit succéder à son père. Le roi promet une très grande récompense à qui rendra la parole à son fils.

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SYROS Editeur jeunesse

Collection KILIM

120 x 80 cm

80 pages - 6,40 euros

Date de parution : 12 avril 2018

 

Disponible en librairies ainsi que sur les sites de la FNAC et d'Amazon

Quelques mots sur ce récit

 

Par Caroline Sire

J’ai entendu cette histoire de Dan Yashinsky, un célèbre conteur canadien qui raconte depuis plus de trente ans, lors de l’un de ses passages en France. Il soutient que, puisque personne ne peut double-cliquer sur le mot sagesse et ainsi la faire sienne, raconter des histoires reste le meilleur moyen de l’atteindre !

 

Ce fut un véritable coup de foudre.

Un fils de roi devenu incapable de parler. Une fille intrépide prête à risquer sa vie pour le sauver. La forme même du récit, rythmée par des histoires dans l’histoire, les énigmes à résoudre… Tout contribuait à me plonger toujours plus avant dans l’émerveillement et la soif de comprendre ce qui se cachait derrière les mots.

Quel défi à relever pour un conteur : raconter l’histoire d’un personnage qui s’est enfermé dans le silence !

Ici, un profond chagrin en est la cause. J’ai choisi d’inventer la rencontre entre les parents, absente de la version d’origine. Ainsi, la femme-oiseau de la dernière énigme devient une sorte de double symbolique de la mère du Fils du Roi d’Irlande. Cette dernière appartient elle aussi au mystérieux monde « de l’autre côté » et veille sur son fils depuis le Pays de Tir na nÓg. Le roman d’Alexandre Dumas, Le Château d’Eppstein, m’a inspiré la scène où le Fils du Roi d’Irlande retrouve la présence invisible de sa mère au cœur de la forêt.

 

Au fil du temps, tout l’univers des contes et des récits d’épopée irlandais est venu s’inscrire en toile de fond. Ainsi, ce Prince Silencieux est devenu le Fils du Roi d’Irlande, d’autant que j’ai commencé à le raconter au sein d’un cercle de conteurs irlandais, des « seanachaí » comme on les appelle dans le West Cork ( prononcer chaineuhi ).

 

Un autre personnage, la Vieille Fortunée, me tenait à coeur. Elle ressemble en partie à la Vieille Femme de Beare, une bouleversante figure de femme vieillissante de la littérature médiévale irlandaise, qui prend la parole pour célébrer l’amour et la vie.

Dans cette histoire, elle  intrigue, parfois même elle fait un peu peur… mais elle est pleine d’humour, de bon sens et fondamentalement bienveillante. Avant tout, elle est le trait d’union entre les mondes visible et invisible.

 

J’ai une grande sympathie pour Shevawn, dont le prénom s’écrit Siobhán en irlandais. Son énergie, ses origines mystérieuses et sa confiance en son rêve intérieur en font le rayon de soleil de cette histoire. Entre elle et la Vieille Fortunée, il y a une sorte d’alliance féminine qui parvient à délier les noeuds de la souffrance entre le Ard Rí et son fils.

 

Pour la scène de la transmission reçue par Shevawn, c’est l’image de la « salle de bal » des éléphants au cœur de la nuit, dans Le Livre de la Jungle, qui m’est revenue en mémoire. Cette nuit initiatique donne son titre au livre.

 

Raconter pour ne pas mourir… c’est le destin de Siobhán. Mais au fond, n’est-ce pas aussi le destin de chacun d’entre nous ? Nous naissons avec un héritage dont il nous faudra désenchevêtrer les fils. Oui, il nous faudra briser le silence, révéler tous ces mots - jamais entendus ou jamais prononcés - pour ouvrir le chemin de l’accomplissement de notre être profond.

 

J’espère que cette aventure - et les secrets de guérison qu’elle met en lumière -   accompagnera vos pas sur le chemin de la vie, quel que soit votre âge, et qu’elle fera briller vos yeux et votre coeur comme mille soleils.

 

Et comme on dit en Irlande : une génération d’enfants aux enfants de vos enfants !

Sliocht sleachta ar shliocht bhur sleachta !