COMPAGNIE

Les créations de la Compagnie Vortex prennent racine dans un répertoire de récits épiques et mythologiques, de grands textes de la littérature orale ainsi que de nouvelles et de poésie contemporaines.

Le traitement artistique de ce répertoire met en valeur
l’art de l’interprète par la combinaison du jeu d’acteur, du chant et du mouvement. Quant à la forme, elle évolue du solo

au spectacle-évènement en passant par le concert d’histoires.


La Compagnie Vortex se propose de revivifier la dimension symbolique des récits traditionnels par la confrontation au réel et à l’actualité du monde, et de la faire résonner au plus profond de nos imaginaires. Une façon de tout à la fois redonner du sens et d’impulser un élan au sein d’une société déformée par la globalisation, la virtualité, l’absurdité.
Autant dire être au-dessus des terres et dans les caves du monde.

Les projets artistiques de la Compagnie Vortex sont principalement portés par la comédienne, chanteuse et auteure Caroline Sire.

Les spectacles de la Compagnie Vortex s’adressent à la petite enfance, au jeune public, aux collégiens et lycéens, aux publics familiaux ou aux adultes.

Ils se racontent en français ou en anglais.
Ils peuvent être joués avec la participation de musiciens, de danseurs, de classes d’orchestre.

Certains sont conçus pour être joués dans des théâtres et lieux équipés en extérieur (forêt, espaces champêtres, sites industriels ou urbains insolites).

POURQUOI LA COMPAGNIE VORTEX ?

Ne doutons jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puissent changer le monde. C’est même de cette façon que cela s’est toujours produit.

Margaret Mead, anthropologue américaine.

 

 

Aujourd'hui je me retrouve au seuil d'un nouveau monde, fruit de l'ensemble de mes expériences passées.

En Australie, il existe des arbres dont les graines ne s'ouvrent que sous l'action du feu.

 

Tonnerre et foudre allument de gigantesques brasiers libérant la semence, promesse de renouveau.

 

Pour moi, la danse fut le premier grand amour, un amour exigeant et souvent source de souffrance. J’y croisais de grandes figures telles Claude Bessy, Yvette Chauviré, Andreij Glegolsky ou Joseph Russillo.

 

Le second grand amour fut l'Irlande, où mes parents partirent s'installer, dans le comté de Cork. J’avais alors quinze ans.

 

J'y fus inspirée jusqu'au fond de l'âme par la Nature, cette terre magique entre ciel et mer, mais aussi par son peuple, épris de simplicité, d'authenticité et surtout de liberté. Et que dire de ses chants ? Ils traduisent, lumineuse clarté, tout ce que je viens d'évoquer. J’ai donc eu la grande chance d’hériter d’une tradition orale vivante, notamment grâce à une famille célèbre pour ses musiciens et ses chanteuses, the O’Dwyer’s.

 

Quelque chose en moi s'est reconnu dans la perpétuelle tentative d'un peuple pour s'affranchir d'un joug étranger... j'ai cependant vite reconnu que les jougs les plus puissants ne sont pas forcément les jougs extérieurs.

 

Puis il y eut des années d'université, en droit, en sciences politiques et en langue anglaise. Un peu plus tard, mes premières aventures de chanteuse - entre autre dans le John Morgan Band, un groupe de blues, boogie and rock'n roll dont Eddie Barclay fut le manager pendant un temps – mais aussi avec Brigitte Lesnes, Anne-Marie Deschamps et l’Ensemble Venance Fortunat : magnifique monde de la musique sacrée et médiévale. Enfin, la rencontre avec Abbi Patrix et la Compagnie du Cercle qui allait marquer, sans que je le sache à l'époque, la fin d'une errance.

 

L'ironie voulut cependant que le titre du spectacle pour lequel je fus sollicitée en tant qu'interprète soit : L'Errance de Graïnné ! Un récit d'épopée du XIIème siècle, déroulant une trame proche de l'histoire du Roi Arthur (Fionn Mac Cumhaïll), de Lancelot (Diarmuid) et de Guenièvre (la troublante et parfois cruelle Graïnné).

Le feu de ces expériences a progressivement libéré ma graine de vie, et voici que se découvre à moi une perspective artistique bien sûr, mais aussi une perspective humaine.

 

Tout est à repenser, tout est à commencer !

LE PROJET

 

 

La compagnie Vortex a pour objectif de porter des projets de création artistique à partir des nombreux vocabulaires interprétatifs qui sont les miens, seule ou accompagnée par d'autres artistes.

 

Mais elle a (et elle aura) également pour objectif de créer des actions, des aventures et des projets hors du commun qui s'inscriront au sein des cadres quels qu’ils soient, y compris institutionnels ou associatifs. Toujours dans cet esprit d'agrandir la perspective, agrandir la fenêtre par laquelle nous regardons le monde, agrandir non seulement notre vision mais aussi nos coeurs à cette réalité incontournable : nous sommes UN !

 

" Serions-nous en train de perdre le sens de la beauté des petites choses ? "

 

Ce UN dont je parle n’est pas celui du nivellement et de l’indifférenciation, de la confusion et du syncrétisme culturel qui semblent actuellement tout envahir. A force de trop vouloir faire plaisir à tout le monde, on en arrive à perdre la saveur du personnel, du particulier, de l’intime.

 

Le personnage de Don Quichotte, si unique et si fou, est devenu au fil du temps l’essence même de l’Espagne. Il vient nourrir et tisser toute la qualité, toute la substance non pas de LA Culture mais de l’ensemble de nos identités culturelles, si riches et si diverses.

 

Et les grands "textes" de la littérature orale de tous les continents le disent et le redisent sans cesse : nous sommes tous des princes, des simples, des rois ou des paysans attendant l’accomplissement de notre destin.

 

La vie nous attend, prenant parfois le visage d’un poisson, d’une fée, d’un monstre à sept têtes, d’une trollesse ou d’un baobab. Elle nous guide au travers des épreuves jusqu’à ce que nous comprenions la plus difficile des leçons : ta seule et unique tâche, c’est celle de t’aligner – et de rester accordé - avec l’Univers, sans résistance. Alors l’abondance de la Vie peut se manifester et te révéler ta véritable nature de créateur de ta propre existence.

 

La Compagnie Vortex exprime le désir fort de joindre sa voix à toutes celles qui existent déjà, sur tous les continents, dans toutes les nations, à tous ces bouillonnement créatifs, aux multitudes d'initiatives locales qui vont dans le sens de la régénération économique, sociale, politique, artistique, cognitive, éducationnelle, éthique ou existentielle.

 

Il est temps de déposer au sein du vortex tous ces particularismes, ces savoureuses singularités, de les mettre en réseau, en relation et en résonance.

 

Oui, vous l’avez compris : la Compagnie Vortex est un projet global... et très ambitieux !

Afortunada volait solitaire dans la nuit de Hambourg.

Je vole ! Zorbas ! Je sais voler ! criait-elle euphorique depuis l'immensité du ciel gris. L'humain caressa le dos du chat.

Eh bien, chat, on a réussi, dit-il en soupirant.

Oui. Au bord du vide, elle a compris le plus important, miaula Zorbas.

Ah oui ? Et qu'est-ce qu'elle a compris ? demanda l'humain.

Que seul vole celui qui ose le faire, miaula Zorbas.

Luis Sepulveda, Histoire d'une Mouette et du Chat qui lui apprit à voler.

POUR EN SAVOIR PLUS

Il faudrait voir, d’une part, si le projet humain réalisé durant ces six millénaires par l’Homo historicus est le seul projet humain possible, et, d’autre part, voir s’il ne faudrait pas faire aujourd’hui quelque chose d’autre.

Raimundo Panikkar, philosophe catalan.

 

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été en quête de sens, menant l'enquête tel Harry Dickson, héros de mon adolescence. Ce fameux détective, créé par Jean Ray, n'hésitait pas à s'aventurer dans les lieux les plus improbables pour vaincre le mal et faire triompher la justice.

 

La femme que je suis devenue n'est plus tant éprise de justice que de justesse, de victoire que d'accomplissement, de conquête que de création.

 

 

 

Dans quel monde vivons-nous ?

 

 

1°) Globalisation :

 

Le monde a changé de visage, ce XXIème siècle est assurément le siècle de la globalisation... et quel drôle de monde !

 

Le tout-planétaire est présent dans le quotidien de chaque individu du monde dit développé...

 

Chaque matin, M. Toulemonde - tout comme la célèbre

Odette ! - se lève et boit un café sud- américain ou un thé asiatique, il sort de son réfrigérateur allemand des fruits exotiques puis enfile son tricot en coton d'Egypte ou d'Inde, allume sa radio japonaise pour écouter les nouvelles internationales, endosse son costume de laine d'Australie tissé à Manchester, conduit sa voiture coréenne en écoutant un air de flamenco sur son iPhone californien.

 

Il se passionne pour le cinéma thaiïandais, assiste à un opéra italien où la diva est afro-américaine, l'orchestre dirigé par un chef japonais. Il soupe ensuite éventuellement de chili con carne ou de riz cantonais.

 

Quant à l'enfant des bidonvilles d'Afrique ou d'Amérique du Sud, il porte un T-shirt pourvu d'une inscription américaine et vit des rebuts de la civilisation occidentale qu'il bricole.

Ainsi, il devient nécessaire de penser le singulier, et par là-même de penser l’universel : une interculturalité qui respecterait les individus et leurs communautés.

 

La Compagnie Vortex, à travers ses spectacles et ses nombreux projets de transmission, se trouve, de fait, plongée au cœur de cette interculturalité réelle, omniprésente.

 

Que ce soit à travers ses créations, en donnant la parole aux individus, ou même en recueillant cette parole vivante par le biais d'un collectage, elle porte le désir de briser cette illusion de séparation qui nous dresse les uns contre les autres à coups de comparaison, de jugement et d'incompréhension.

 

Et franchement, qu'y-a-t'il de plus passionnant, de plus réconfortant, de plus fascinant, de plus émouvant, de plus amusant, de plus enrichissant, de plus excitant que d'écouter des histoires vraies, des rumeurs, des récits de vie, des grands mythes, des poésies, des racontars, de vraies histoires, des faits divers ou des légendes ?

 

 

2°) L’obligation de réussir :

 

Curieusement, les pauvres ne se trouvent pas uniquement dans le quart monde... tous mes contemporains semblent ressentir les atteintes d'un mal redoutable propre à l'occident, et se traduisant par l'obligation d'entreprendre tout ce que l'on peut entreprendre - et de le réussir !

 

Il faudrait en effet toujours être au maximum, toujours gagner, être toujours en tête. Celui qui n'y parvient pas ou qui subit une défaillance est devenu "le pauvre" de nos temps modernes. Compétitivité acharnée. Certains en meurent.

 

La dépression d'aujourd'hui ne signifie plus comme autrefois la perte d'une joie de vivre, mais la perte d'une capacité d'initiative. Nous passons notre temps à « gagner » du temps ou à en « perdre »... mais qu’attendons-nous donc pour être véritablement accordés à notre temps intérieur ?

 

Car notre erreur, c’est de voir la mort devant nous. Pour l’essentiel, elle est déjà passée. La partie de notre vie qui est derrière nous appartient à la mort.

Sénèque, philosophe, dramaturge et homme d’état romain.

 

Voici pourquoi cette question du temps est récurrente dans les histoires. Car paradoxalement, pour retrouver un rapport juste au temps, il faut d'abord lui échapper... les conteurs d'autrefois le savaient bien !

 

"C'était dans le temps avant que le temps ne soit, avant que le temps ne soit dans le temps, c'était dans le temps... avant que le temps n'existe !"

 

Entre autres projets, il y aurait celui d'écrire un livre qui parlerait d'un personnage partant à la recherche de son grand rêve, et qui rencontrerait toutes sortes de diablotins qui chercheraient à l'empêcher d'atteindre son but grâce à des arguments toujours séduisants : est-ce que tu es bien sûr que c'est ce que tu veux ? Plus vite ! Tout, tout de suite ! Tu devrais peser le pour et le contre... Attends demain, tu y verras plus clair ! Surtout, ne t'arrête pas ! Allez, sois sympa, avant de partir, fais-ça pour moi... Etc.

 

La conclusion serait d'une part qu'il n'y a rien à conquérir à l'extérieur, que l'agitation nous éloigne de l'essence-ciel, tandis que si on sait prendre "des temps de rien", alors on peut entendre une Voix à l'intérieur qui nous guide vers notre rêve.

 

 

3°) L’explosion de la communication :

 

La perte de capacité d'initiative dont je viens de parler me semble d'ailleurs largement liée à l'avalanche d'informations dont nous sommes bombardés en permanence: nouvelles, journaux, radios, télévision, séminaires, festivals, concerts, lectures, apprentissages de toutes sortes, théâtre, expériences de toute nature...

 

Or faute de temps, d’envie ou d’énergie, c’est une sorte de sentiment honteux de paresse sociale qui nous envahit. Paradoxalement, une offre pléthorique nous laisse vides au lieu de nous enrichir.

 

Et comme ces média sont omniprésents et charrient un flot d'informations inquiétantes impossibles à véritablement vérifier, la peur a beau jeu : nous voici manipulés comme des pantins, perdant toute perspective et tentant de survivre en tirant au mieux notre épingle du jeu...

 

l y a une histoire qui raconte qu'un petit lièvre stupide et timide vivait toujours persuadé que la terre allait soudain craquer et s'entrouvrir. Un jour, pendant sa sieste, il entend un craquement... il bondit, court comme un fou en hurlant :  c'est la fin du monde, un tremblement de terre géant va nous engloutir ! Sa panique commence par gagner les autres lièvres, puis tous les animaux, créant une émeute mondiale. Jusqu'à ce que tous ces animaux affolés croisent la route du Roi des Animaux.

 

Le lion pose la seule question qu'il aurait fallu poser dès le départ : qui a vu la terre s'entrouvrir ? Personne, évidemment, n'a pris la peine de savoir si c'était vrai et s'est mis à courir en criant avec la foule.

 

Le lion se retrouve donc devant le petit lièvre timide et stupide, lui fait surmonter sa peur puis le fait retourner à l'endroit de l'incident : dans le cocotier sous lequel le lièvre a fait sa sieste, il y a des singes qui jouent. La "fin du monde" n'était... que le bruit de la chute d'une noix de coco !

 

 

Je tenais à faire ces diverses digressions de façon à faire sentir à partir de quelle perspective je m'engage aujourd'hui dans ma vie, en tant qu'artiste bien sûr mais aussi en tant qu'être humain.